| La question du sens dans la chanson traditionnelle |
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| recherche - Antropologie |
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Sylvie MOUGIN (Normalienne, agrégée de Lettres, Docteur en linguistique, Maître de Conférences en linguistique à l’Université de Reims Champagne-Ardenne depuis 1995, membre du LACITO-CNRS). Mes travaux, depuis ma thèse (soutenue en 1989), se situent dans le domaine de l’anthropologie linguistique. Plus précisément, ils se sont inscrits jusqu’à présent de manière soit successive, soit conjuguée dans le cadre de l’ethnographie de la communication américaine (école de Dell Hymes), de l’ethnolinguistique française (travaux de Geneviève Calame-Griaule, V. Görög, J. Fribourg, D. Rey-Hulman... ), de l’ethnologie du symbolique (travaux de D. Fabre, Y. Verdier, N. Belmont, F. Zonabend, M. Segalen, T. Jolas, A. Fine, G. Charuty...), subsidiairement, de la sociolinguistique variationniste (Labov, Trudgill). Ils reposent tous, directement ou indirectement, sur du travail de terrain, qu’il s’agisse de mes travaux sur la société paysanne lorraine, sur les pratiques argotiques juvéniles, sur la conscience linguistique du français et des parlers gallo-romans, de mes analyses de la littérature orale en relation avec le contexte social et culturel des sociétés paysannes de l'Est de la France. Membre du LACITO-CNRS, je participe depuis 2002 aux travaux de l’équipe « Anthropologie de la parole » et plus précisément à l’opération Musique / Parole dirigée par André-Marie Despringre, en partenariat avec l’association AREXCPO-Vendée. Depuis quelques années, je me consacre en priorité à l’analyse des textes de chansons traditionnelles, en collaboration avec d’autres membres de l’équipe spécialistes de musicologie. Mes principaux travaux dans ce domaine, réalisés en partenariat avec l’AREXCPO sont : – « Texte et contexte : la question du sens dans la chanson traditionnelle », in A.-M. DESPRINGRE (dir.) Approche interdisciplinaire des formes chantées : ethnomusicologie, ethnolinguistique et ethnopoétique du chant, L’Harmattan, 2007. – « Collecter la littérature orale aujourd’hui : quels problèmes et quels enjeux ? », in Martino NIEDU (dir.), Actes du colloque « Patrimoine et identité », Reims, UFR des Sciences Economiques et de Gestion, 10-11 juin 2002. – « Sous-entendus érotiques et métaphores codées dans les chansons du recueil de Jérôme Bugeaud », Actes du colloque « Chansons en mémoire, mémoires en chansons », organisé par le CNRS-LACITO et l’association AREXCPO, novembre 2003, Sainte-Hermine, Vendée. – En collaboration avec Apollinaire Anakesa “The saucy register in French folksongs of the Vendee region: an ethnolinguistic and musicological study” pour le colloque d’ethnomusicologie Music and the Art of Seduction, organisé par l’Université d’Amsterdam, Amsterdam, 19-22 mai 2005.
Apport théorique et disciplinaire au projet L’ethnographie de la communication, d’origine américaine, tout comme l’ethnolinguistique française s’intéressent aux pratiques et aux représentations de la parole à travers les cultures. Elles postulent une relation fondamentale entre les formes de la communication qu’un groupe humain s’est donné et l’ensemble de la culture de celui-ci. L’étude de la parole ne se limite pas à la seule étude de la langue ou des langues du groupe, objet traditionnellement de la linguistique mais inclut l’observation et la description ethnographique de tous les aspects de la communication. Lieux, moments, participants, sujets, ton employé, tours de parole constituent les points de repère pour analyser tout événement de communication (speech event), qu’il s’agisse de conversations informelles entre membres d’une même famille, de dialogues qui s’inscrivent dans un rituel ou, dans le cas qui nous intéresse, de la chanson à tradition orale.
La Guyane de par sa diversité ethnique apparaît comme un terrain d’exception pour le chercheur en ethnolinguistique. Linguiste autant qu’anthropologue, il est particulièrement armé pour approcher et analyser les processus de créolisation dont témoignent toutes les langues et toutes les cultures à un moment donné de leur histoire. Dans le cadre du projet développé par le CADEG de l’UAG Guyane, en partenariat avec le LACITO-CNRS et l’AREXCPO-Vendée, je me consacre depuis un an à une réflexion sur les formes et les contenus de l’oraliture guyanaise, comme résultant d’un processus de créolisation passé et présent. L’idéal serait d’aboutir pour la Guyane à une description synchronique de toutes les formes de littérature orale existant, aujourd'hui encore, dans une perspective interculturelle. Ma contribution consistera, dans un premier temps, à apporter aux musicologues l’expertise d’un spécialiste de la littérature orale, au fait non seulement des diverses formes qu’elle peut revêtir suivant les cultures, mais aussi de sa dynamique discursive (ce qu’elle représente réellement pour ses usagers et non l’image qu’en donne les classifications en genres ; le rapport entre le contenu sémantique et les pratiques symboliques du groupe). |
