| Cultures créoles |
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| Cadeg - creole |
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Les sociétés créoles renvoient à des espaces géographiques, historiques et culturels divers. Elles sont d’abord déterminées par le fait esclavagiste commencé au XVIIe siècle et qui s’est officiellement achevé - pour les colonies françaises - au milieu du XIXe siècle (1848). Ces sociétés en sont, non seulement les émanations, mais constituent également les produits directs de rapports sociaux tenus entre Blancs dominants d’une part, et principalement Noirs et Amérindiens dominés d’autre part. En Amérique, les sociétés créoles sont nées partout où les empires coloniaux ont développé leur projet d’exploitation. Ici, le substantif « Créole » qui, initialement, caractérisait les colons nés dans les colonies, s’est ensuite progressivement répandu, désignant alors des hommes et des femmes vivant dans cet espace socioculturel ayant pour référent de base la culture du colon, culture dont les ferments fondamentaux sont l’église et l’école.
Cette culture interagit sur les modes de vie, d’actions, de ressentiments et de pensée créoles, auxquels s’associent d’autres éléments culturels. Il en résulte un syncrétisme culturel au sein duquel interagissent des archétypes européens, africains, amérindiens, indiens et asiatiques, tous pourvoyeurs de faits culturels et identitaires.
Le syncrétisme en question régira le processus d’assimilation culturelle devant conduire à l’émancipation sociale sur le modèle européen. Il régira par ailleurs la langue créole, les musiques à base de tambour notamment, et d’autres facteurs socioculturels résultant des cultures non-européennes de la société créole ajouteront à sa richesse culturelle.
L’ensemble des constituants culturels représentent ici, en fonction des situations et des circonstances, d’excellents objets d’identification des individus ou alors subissent de fortes dépréciations.
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On s’aperçoit, dès lors, que les cultures créoles sont marquées par une ambivalence singulière. De l’usage de la langue créole aux pratiques religieuses, par exemple, tout semble se jouer entre deux environnements que la structure sociale coloniale a pris soin de distinguer : un espace originel où existent les racines et un espace acculturé où l’émancipation sociale est possible. Entre les deux, le Créole va et vient, et existe.
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En définitive, le processus d’assimilation culturelle, avec la colonisation, se développe parallèlement à un autre processus plus global : le processus de créolisation. Il englobe précisément l’ensemble des alliances culturelles, ainsi que leurs impacts conscients et inconscients sur l’imaginaire des peuples concernés. Ce processus d’assimilation culturelle est, en partie, activé par un grand nombre de stratégies identitaires à travers lesquelles s’exercent autant l’acculturation que la contre-acculturation. C’est ce que souligne, à juste titre, Edouard Glissant - dans son ouvrage, Tout monde -, en relevant que la créolisation signifie « le métissage inexorable des pays, le mélange de tous les hommes et de leur culture ». Jean-Jacques Chalifoux (l’identité ethnique : questions pour la Guyane, 1987) renchérie en indiquant que le processus de créolisation en cours, en Guyane française, peut se figurer à travers un schéma collectif, qu’il qualifie de transactionnel, où Métropolitains, Busikondé Sama, Amérindiens, Créoles et migrants construiraient, dans des rencontres et des oppositions, une culture syncrétique. Une construction culturelle, rappelons-le, à laquelle prend part le processus d’assimilation culturelle dont le principal symbole reste l’Etat français.
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C’est cette société créole plurielle et multiculturelle dont les chercheurs du CADEG, traitant le sujet, observent la richesse, dans toutes ses composantes.
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