| Cultures caribéennes |
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La Caraïbe ? Les Caraïbes ? La désignation de cet espace appelle autant le singulier que le pluriel, sans doute pour dire que l’on a à faire à une zone géographique qui, au-delà de sa dispersion en des dizaines d’îles et en terres continentales, mais aussi de sa diversité linguistique, retrouve autant les traits particuliers, fruit des cultures originelles, qu'une unité qui s'est constituée au fil du temps. Plus que la géographie physique et l’usage de langues européennes, c’est en effet l’histoire qui donne sens commun à l’espace compris entre le Golf du Mexique et les étendues du Plateau des Guyanes, l’ensemble étant baigné à la fois par le Golf du Mexique, la mer des Caraïbes et l’Océan Atlantique.
Trois éléments caractérisent la construction de cet ensemble de pays :
l’empreinte du peuplement et des cultures amérindiennes ;
la colonisation européenne ;
le poids des populations et des cultures d’origine africaine.
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Durant des siècles, la mer des Caraïbes, comme l’Océan, ont été les routes par lesquelles se sont opérés le peuplement et le façonnement d’un monde où, avant tout autre intervenant, l’Amérindien, l’Européen et l’Africain ont pris leur part sur un mode inégalitaire. Il en est par exemple ainsi des Amérindiens, dont les Karibs et les Arawaks qui partent de l’Amérique du Sud et rejoignent les îles.
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Avant le contact de la fin du XVe siècle, des cultures se cristallisent et produisent des savoirs et savoir-faire variés. Les Karibs excellent notamment dans l’art de la guerre, l’astronomie, la musique et le jeu de la pelote.
Les structures politiques, sociales et religieuses amérindiennes constituent alors le socle culturel de l’archipel des Caraïbes et du plateau des Guyanes.
A la fin du XVe siècle, commence l’ère coloniale qui a abouti fondamentalement à la substitution des formations familiales amérindiennes par des populations aux sociétés autrement organisées, surtout dans les îles.
Pour que s’accomplisse le projet colonial, les Amérindiens, Karibs notamment, sont combattus, chassés ou tués. Toutefois, des poches de survivances sont encore observées à la Dominique (Karibs), sur les côtes du Costa-Rica (Gaufunas) et sur le Plateau des Guyanes. La colonisation européenne, la Traite des XVIIe et XVIIIe siècles, ainsi que l’immigration indienne et asiatique post-esclavagiste contribuent à la constitution d’un peuplement nouveau. Les choix économiques et politiques, variables d’une colonie à l’autre, ont entraîné des distinctions entre les îles (îles « blanches » et îles « noires »), certaines d’entre elles étant plus métissées que d’autres. L’immigration européenne est, par exemple, encouragée à Cuba, à la Martinique et à Hispaniola.
La Traite et le fait colonial instituent, d’une façon générale, une économie sucrière - apportée par des Juifs hollandais venus du Brésil – et dont les implications sociales et culturelles sont déterminantes pour toutes les sociétés des Caraïbes.
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Aujourd’hui, les populations qui vivent dans les Caraïbes sont principalement allogènes et, par conséquent, installées depuis moins de quatre siècles. Ce sont avant tout des cultures créoles (francophones, anglophones, hispaniques) construites en situation coloniale. Les sociétés essentiellement créoles, qui en résultent, mêlent indissociablement des signes européens et africains. Chacune ou chaque groupe desdites sociétés, en fonction de ses structures politico-économiques et de ses relations avec l’ancien colonisateur, se distingue des autres. Certaines, comme la Guadeloupe, la Martinique et la Guyane disposent d’un statut de Département, d’autres sont des Territoires autonomes (Porto-Rico, Saint-Martin, Aruba, Curacao…), la plupart forment des états indépendants.
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Des racines amérindiennes, les îles n’ont conservé que des symboles, contrairement aux pays du continent américain où les peuples amérindiens sont encore nombreux et où leur héritage marque une grande variété d’expressions culturelles.
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Toutes ces sociétés rassemblent ainsi des réalités sociales et économiques diverses qui, indubitablement, créent des situations singulières en matière surtout de coopération entre elles. Néanmoins, du fait de leur histoire et de leur culture, les régions caribéennes en question conservent et partagent tout autant des éléments de racines propre à chaque groupe ayant prévalu avant les différents contacts avec d’autres groupes - et une mémoire collective et commune qui s’est constituée ensuite.
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Aujourd’hui, les sociétés caribéennes disposent d’une dynamique socio-économique et politique dans laquelle interagissent plusieurs phénomènes :
les histoires propres à chaque entité ;
leurs relations aux anciens colonisateurs ;
la relation contemporaine à l’Union Européenne…
Il s’agit, en définitive, d’un processus qu’il est nécessaire d’observer constamment, si l’on veut saisir les situations politiques, culturelles et économiques des Caraïbes. C’est une des tâches que se donnent les chercheurs au sein du CADEG. |


