Cultures busikondé sama de la Guyane PDF Imprimer Envoyer
Licence - Musique et musicologie

La Guyane française ainsi que le Surinam (ex Guyane hollandaise) et le Guyana (ex Guyane britannique) sont situés sur le Plateau des Guyanes. Y vivent des peuples aux cultures fort variées, parmi lesquels on compte les Busikondé Sama.
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Communément appelés Bushinenge, ces « Marrons » ou « Noirs Marrons » descendent des esclaves qui, épris de liberté, se sont évadés des plantations du Surinam à la fin du XVIIIe pour se réfugier en partie en Guyane française. Ils y occupent, au bord des fleuves, essentiellement les régions de l’intérieur, celles où domine la forêt et où vivent également des peuples amérindiens. Une forêt guyanaise, lieu de nombre de mystères, riche en secrets non dévoilés. Elle représente aussi un remarquable potentiel économique, un régulateur écologique doté d’une valeur symbolique dans l’imaginaire des différentes cultures du pays. Elle est, pour les Busikondé Sama, source de vie et moteur d’expressions socioculturelles diverses. Ils y vivent en bonne intelligence et en équilibre avec la Nature.
Ici, ce peuple a organisé sa société en une composante de six groupes ethniques : Djuka (Ndjuka ou Bosches), Aluku ou Boni et Paamaka (Paramaka) à l’Est. Les Saamaka (Saramaka ou Saramaca), les Matawayi et les Kwinti sont à l’Ouest.
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Si leur identité culturelle, ainsi que les hommes et femmes qui les incarnent, sont souvent réduits à quelques images clivées dans les représentations courantes, opposant leur supposé « archaïsme de forêt vierge » à la modernité des cités, les Busikondé Sama font preuve d’ingéniosité pour apprivoiser un environnement naturel parfois hostile. Ils savent, par ailleurs, tirer bénéfice de la poésie et de la sensualité – tant visuelle que tactile – que leur offre notamment les essences de bois. Leurs maisons traditionnelles, ainsi que des pirogues, meubles, ustensiles, instruments de musiques et autres objets artisanaux ornés avec prouesse en constituent une illustration éloquente.
Les Busikondé Sama s’inspirent ainsi de la Nature et laissent libre cours à l’expression de leur imaginaire, pour également évoquer le fond de culture plurielle de l’Afrique de leurs origines. Non seulement ils savent en intégrer des éléments dans leur nouvelle vie, mais ils savent aussi actualiser divers facteurs de connaissances ancestrales ou empruntées, chaque groupe ethnique les adaptant à ses exigences de vie et à sa propre trame sociale, qu’elles soient ordinaires ou sacrées.
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Linguistiquement, les Buskondé Sama ont puisé dans les fonds des langues européennes, qui leur ont permis de recomposer leurs dispositifs linguistiques. Cependant, ils ont conservé une accentuation, ainsi qu’une intonation à l’africaine de leurs nouvelles langues. D’ailleurs, culturellement, ce peuple est réputé être le dépositaire privilégié des traditions d’essence africaine des Amériques.
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Les chercheurs du CADEG qui leur consacrent des travaux s’attèlent à en saisir les trames, à en comprendre les connaissances, savoirs et savoir-faire, ainsi que la constitution et fonctionnement de leurs cultures. Ce sont là des cultures qui ont été réalisées au cours des siècles sur la base d’expériences de métissages multiples, et que les scientifiques impliqués observent à travers des approches et des regards croisées, en vue de leur valorisation et de leur vulgarisation.