| Cultures amérindiennes |
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| Cadeg - Chercheurs |
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Actuellement six peuples amérindiens (six mille personnes environ), appartenant à trois groupes linguistiques, sont installés en Guyane :
- le groupe caribe comprend les Ka’lina (ou Galibi), installés sur la zone littorale et les Wayana en milieu forestier du haut Maroni ;
- le groupe arawak, en zone côtière, est composé des Palikur (ou Palikwené qui occupent les milieux de mangroves et la forêt galerie), ainsi que deux communautés Lokono, installés à Saint-Laurent-du-Maroni et dans la région de Roura ;
- le groupe Tupi, vivant en milieu forestier et situé sur l’Oyapock et ses affluents, compte les Wayãpi et les Teko (Emerillons).
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Les Amérindiens de Guyane partagent des traits culturels communs, qui renferment diverses pratiques comme la culture familiale sur brûlis (l’abattis), l’artisanat avec notamment la vannerie, le travail du bois, le perlage, la plumasserie, la fabrication de calebasses et de poteries, la production de vêtements et d’objets en coton, (dont les hamacs, les écharpes porte-bébé, les ornements corporels et les habits de fête). Ils partagent également des modes de croyances religieuses liées à la nature, et ils disposent d’une connaissance remarquable de leur environnement naturel.
Ces pratiques culturelles sont enrichies par des rites, dont le maraké (eputop , rite de passage des adolescents à l’âge adulte, et pendant lequel sont exécutés le Kalawu, chants fondateurs du peuple. Ce sont des chants anciens, dont les textes évoquent différents aspects de la société et de la culture wayana, les origines mythiques ainsi que les grands guerriers du passé. Le cycle de treize ou quatorze chants, comportant plus de 1500 vers, se transmettait, notamment, de père en fils.
A l’occasion de l’eputop, chaque postulant se doit d’utiliser une panoplie d’objets symboliques de grande valeur artistique, dont les monumentales coiffes en plumes.
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On notera aussi qu’en Guyane, parmi les objets encore utilisés par l’ensemble des communautés amérindiennes, les vanneries sont souvent destinées à des fonctions variées. Ce trait culturel commun amérindien est d’usage en relation avec le manioc, base de l’alimentation de l’ensemble des populations guyanaises de la région.
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Toutefois, même si l’iconographique amérindienne donne à voir des traits propres à chaque peuple qui la produit, celle-ci demeure, en général, habitée par une vision globale et partagée du monde naturel, essentiellement animal, réel ou mythique.
La parure du corps ou des objets, par exemple, sont des lieux de représentation des personnages mythologiques des origines du monde.
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Dans l’univers amérindien guyanais, la dextérité technique des artisans – dans la fabrication des différents objets – est associée à la connaissance du monde végétal et minéral, laquelle est, de nos jours, de moins en moins bien transmise d’une génération à l’autre. Ce savoir-faire demeure surtout l’apanage de quelques rares savants dans les communautés.
Pour les communautés de la côte, navigant entre assimilation et résistance culturelles, certaines productions matérielles actuelles sont, à bien y regarder, le seul témoin de la culture ancestrale.
A quelques exceptions près, les hommes travaillent toujours de préférence le bois et la vannerie, tandis que les femmes s’occupent de poterie, de tissage et de la fabrication d’éléments décoratifs. Certaines activités, comme la fabrication des calebasses, la décoration de la poterie ou la fabrication de la vannerie, chez les Palikur particulièrement, sont toutefois mixtes.
A la différence des populations côtières, les Amérindiens de l’intérieur fabriquent encore la plupart des objets dont ils ont besoin, même si certaines productions, comme les éléments architecturaux, les ustensiles de cuisine ou les armes, ont été largement remplacées par des produits occidentaux. Les Kali’ña, les Palikur et les Arawak, installés principalement sur la côte, ont largement adopté la culture matérielle occidentale.
Les Wayana-Apalaï produisent encore aujourd’hui de la céramique, des bancs de bois sculptés (kololo, différenciés en fonction du sexe du destinataire), des casse-tête de bois sculptés réservés uniquement à la vente, des ciels de cases, des ornements en perles de verre, des bijoux et objets en grains, des instruments de musique, des peignes en épines végétales, des vanneries aux motifs complexes, des pirogues, des plats à coton, des assiettes en bois sculptées, peintes avec des motifs mythologiques.
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Sur le plan architectural, on observe la grande qualité des toits en feuilles tressées, même si les carbets traditionnels sont en train d’être remplacés par des maisons en dur, même dans les villages très excentrés de grandes agglomérations, comme Talwen-Twenké.
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D’une façon générale, on note qu’une partie des produits culturels amérindiens guyanais est aujourd’hui principalement destinée à la vente, et l’on peut parfois observer, par rapport aux deux derniers siècles, une simplification des décors et une réduction de la variété des formes de divers objets, notamment celles de la céramique et des armes.
Les productions des Wayãpi et des Teko, peuples de l’Est guyanais installés sur le haut Oyapock, comprennent des objets en bois, en céramique, en vannerie, en os, des plumasseries, du tissage et des ornements corporels. Il s’agit d’un patrimoine matériel très varié qui répond encore aux exigences de la vie quotidienne. Parmi les objets exceptionnels, on peut mentionner les pirogues en bois, dont la fabrication représente un savoir-faire qui se perd, avec l’utilisation généralisée des actuelles pirogues motorisées.
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En général, on peut observer que les populations amérindiennes du haut Oyapock n’ont pas encore adopté de véritables stratégies commerciales. Ils pratiquent davantage un commerce ponctuel de proximité, la quasi-totalité des objets fabriqués étant réservés à l’usage privé.
Toutefois, depuis quelques temps, émerge une certaine spécialisation des activités : certains individus sont devenus pratiquement des artisans à plein temps. Il s’agit là d’un changement socioculturel majeur, au sein des communautés amérindiennes de Guyane, dont les membres étaient des pluriactifs, il y a encore une dizaine d’années.
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En somme, dans ce monde amérindien fragilisé et parfois ravagé par l’adoption des modes de vie occidentaux, perdure, aux moins auprès des adultes, une bonne connaissance du monde naturel, même pour les populations installées sur la côte.
Cette symbiose avec l’environnement tropical continue à s’exprimer à travers les objets et les mots, les savoirs et les savoir-faire, en constituant une forme de résistance à l’acculturation.
L’ensemble d’éléments des cultures amérindiennes de Guyane sus-mentionnés intéressent les chercheurs qui œuvrent dans le cadre du CADEG. |


